L’Unaf a rencontré Sarah El Haïry, Haute commissaire à l’enfance
Le 25 juin 2025, le Président de l'Unaf, Bernard Tranchand, Guillemette Leneveu, Directrice Générale et Isabelle Saunier, administratrice de l'Unaf, se sont entretenus avec Sarah El Haïry, Haute-Commissaire à l'enfance. Elle était accompagnée d'Elsa Glykos-Fulgence, et d'Adrien Baron, membres de son cabinet chargés respectivement de l'éducation et de la parentalité et de l'adoption.
Les sujets abordés lors de cet entretien ont porté sur le soutien à la parentalité (dont la prévention des conflits liés aux séparations), la protection de l’enfance, les familles monoparentales ainsi que sur la réforme du complément mode de garde.
Pour l’Unaf, comme pour la Haute-Commissaire, le soutien à la parentalité est un levier puissant de prévention, de protection de l’enfant et d’accompagnement des familles. L’Unaf a demandé l’intégration des actions portées par les Udaf dans les dispositifs Questions de parents, garderies solidaires, ateliers PEP’S et a souhaité attirer son attention sur l’urgence de déployer de manière tangible une politique de soutien à la parentalité ambitieuse qui doit répondre aux attentes des parents et plus globalement aux besoins des familles.
La parentalité numérique a également été évoquée notamment le dispositif “Parents, parlons numérique”, piloté par l’Unaf et qui a pour objectif de renforcer l’accompagnement des familles vers un usage numérique responsable et d’accompagner les professionnels dans des actions autour du soutien à la parentalité. L’Unaf souhaite labelliser les actions de parentalité numérique sur l’ensemble du territoire et outiller les professionnels et les ressources à destination des parents.
S’agissant de la protection de l’enfance, Sarah El Haïry s’est dite preneuse d’éléments sur le parrainage de proximité, sur la mesure judiciaire d’aide à la gestion du budget familial (MJAGBF) qui vise à aider à la gestion des prestations familiales reçues pour les enfants, dispositif au sein duquel 76 Udaf sont impliquées, ainsi que sur l’administration ad’hoc, dispositif impliquant 42 Udaf sur le territoire ; l’Unaf a rappelé être le 1er opérateur de mandats ad hoc pour mineurs en France et a alerté à nouveau sur l’absence de moyens suffisants octroyés par les pouvoirs publics et les collectivités pour financer cette mesure indispensable de protection de l’enfance.
Familles monoparentales : L’Unaf a exprimé ses réserves sur la carte “Famille monoparentale”, estimant qu’il faut considérer la monoparentalité comme une trajectoire, non comme un statut ouvrant des droits spécifiques. Une telle carte soulève un impact sur l’image et le vécu des familles, notamment en cas de remise en couple, qui pourrait être perçue comme une perte d’avantages. Elle risque aussi d’accentuer les inégalités en négligeant la précarité vécue par d’autres familles. L’Unaf alerte enfin sur les coûts et la complexité de mise en œuvre, et plaide pour des mesures ciblant la précarité, quelle que soit la structure familiale.
Complément mode de garde (CMG) : L’Unaf a fait part à la Haute-Commissaire de son inquiétude quant aux effets de la réforme du complément mode de garde (CMG). Cette réforme, mise en oeuvre à partir de septembre 2025, fera beaucoup de parents perdants. Les couples qui faisaient garder leurs enfants à temps partiel, y compris pour des durées assez élevées, subiront des pertes importantes tandis que certains couples perdront totalement le bénéfice du CMG même si les deux parents travaillent à temps complet. Par ailleurs, l’ensemble des familles monoparentales seraient perdantes dans le nouveau système. L’Unaf demande depuis plusieurs années, une véritable concertation qui permette de fixer des paramètres moins défavorables pour les parents.
Enfin, s’agissant des séparations, Sarah El Haïry a indiqué être attachée au caractère universel des dispositifs liés à la médiation familiale et aux espaces de rencontre. A cette occasion, l’Unaf a rappelé son souhait de voir pérenniser les dispositifs qui accompagnent les enfants de parents séparés (Ateliers PEP’S), mais aussi la reconnaissance et le financement structurel des espaces de rencontre à dispositifs spécifiques (ERDS) pour les situations les plus complexes, en lien avec la Fédération Française des Espaces de Rencontre (FFER) et, enfin, la création d’un dispositif spécifique d’accompagnement à la coparentalité dans les contextes de violences intra-familiales.