Quel avenir pour notre alimentation ?
L'Unaf, représentée par Dominique Le Bail, administrateur, a assisté le 3 décembre 2025 au colloque organisé à l’Assemblée nationale, autour du thème des protéines durables comme levier d’une alimentation saine, soutenable et souveraine.
Cette rencontre était organisée par Greenlobby, acteur de propositions et de solutions écologiques et sociales auprès des décideurs politiques. Elle était placée sous le parrainage des députés Dominique Potier, Mélanie Thomin et Marie Pochon.
Ce colloque a rassemblé 4 regards complémentaires qui, chacun dans leur domaine, ont alerté sur les dangers du statu quo : coûts sanitaires élevés, impacts environnementaux persistants et fragilisation de notre souveraineté alimentaire. Ils ont également mis en lumière des solutions à chaque étape de la chaîne.
Charlie Brocard, chercheur Transitions et Modes de vie à l’Iddri, laboratoire international d’idées sur le développement durable, basé à Paris : Lors de son intervention, il a montré que la transition vers un modèle “moins mais mieux” est un scénario réaliste, chiffré, et applicable à toutes les catégories sociales. Il a aussi appelé à dépasser la seule responsabilisation individuelle, en mobilisant les industries agroalimentaires et la grande distribution, qui peuvent, à travers leurs assortiments, leurs prix et leur marketing, favoriser ou freiner cette transition.
Jean‑Baptiste Dollé, de l’Institut de l’élevage, a rappelé :
- la nécessité d’accompagner techniquement et financièrement les éleveurs vers des systèmes plus extensifs et polyculture‑élevage, aujourd’hui mieux adaptés aux enjeux de résilience et de climat.
- que les fermes les plus vertueuses sur le plan environnemental sont souvent aussi les plus résilientes économiquement.
Nicolas Dhers, d’Interveg, alliance d’acteurs en faveur d’une transition vers une alimentation plus végétale s’est exprimé sur le potentiel sous-exploité de la filière végétale.
Malgré l’émergence d’entreprises innovantes et le développement des légumineuses françaises, la demande pour les alternatives végétales est freinée par une structure de l’offre déséquilibrée : consommation croissante de viande, importations de volailles à bas coût, manque de lisibilité et de parité des prix en magasin, ainsi qu’un cadre réglementaire insuffisant en restauration commerciale.
Il a plaidé pour une meilleure application de la loi EGAlim dans la restauration collective, son extension à d’autres secteurs, ainsi qu’une collaboration renforcée avec la grande distribution pour rendre les alternatives végétales visibles, désirables et accessibles.
Marianick Lambert représentante de France Assos Santé et membre de Familles Rurales a insisté sur le poids des incitations économiques qui privilégient encore trop souvent des produits ultra-transformés au détriment d’une alimentation saine, pointant la nécessité de régulations renforcées et d’objectifs clairs dans la Stratégie nationale Alimentation, Nutrition Climat (SNANC). Elle a également rappelé le coût de l’inaction, et appelé à l’avènement d’une logique préventive en matière de santé.
En clôture, Marin Vandamme, de l’organisation européenne à but non lucratif, The Protein Project, a apporté une perspective européenne. Cet intervenant a évoqué certains pays (Danemark, Pays-Bas) qui ont déjà amorcé une transition en lançant des plans ambitieux pour la diversification des protéines, démontrant qu’il est possible de concilier ambitions environnementales et économiques, tout en dépolarisant le débat. Il a incité la France à s’inscrire dans cette dynamique européenne, notamment via une future stratégie nationale des protéines durables.
Conclusion
Malgré la diversité des intervenants et des secteurs représentés, un constat commun a émergé : la transition vers une alimentation de qualité, juste et respectueuse des territoires ne se fera ni contre l’élevage, ni contre les consommateurs, ni contre les entreprises, mais grâce à une alliance d’acteurs engagés autour du “moins mais mieux”.
Cet événement a marqué une étape importante : non un point final, mais le début d’un travail collectif pour faire des protéines durables la boussole de notre politique alimentaire, au service de la santé, du climat et de la souveraineté des territoires. À ce titre, les députés Dominique Potier, Mélanie Thomin et Guillaume Garot ont adressé un courrier au Premier ministre pour questionner le blocage injustifié de la SNANC, qui perdure après plus de deux ans d’attente.
Rappelons que l’Unaf s’est prononcée en faveur d’une alimentation plus durable autour du « moins mais mieux », convaincue que la promotion de l’agriculture locale et notamment de davantage de production de protéines végétalisée, offre de nombreuses alternatives aux importations massives de viandes.
L’Unaf, dans le cadre de sa représentation au Conseil national de l’alimentation, travaille avec d’autres associations pour promouvoir une alimentation saine et de qualité et prend une part très active à l’élaboration de la Stratégie nationale Alimentation, Nutrition Climat (SNANC). L’Unaf participe également à la lutte contre le marketing alimentaire orienté vers la promotion d’aliments trop gras, trop salés, trop sucrés, qui sont source de nombreuses maladies.
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